Un enfant de moins de cinq ans sur deux souffre de malnutrition chronique dans la province du Maniema, selon les données de l’enquête nutritionnelle de 2024, qui établit un taux de prévalence de 52,4 %, soit le double de la moyenne nationale. Face à cette situation, le Programme d’appui au développement rural inclusif et résilient (PADRIR) a lancé, lundi 20 juillet à Kindu, un atelier de formation de formateurs de cinq jours à l’intention des nutritionnistes locaux.
Cette session vise à renforcer les compétences des acteurs de santé sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, ainsi que sur la nutrition communautaire, afin de mieux intervenir durant la période des mille premiers jours de vie, déterminante pour le développement physique et cognitif de l’enfant.
David Nzengu, conseiller en genre, ciblage et inclusion sociale au PADRIR, a expliqué la démarche à l’origine de cette formation :
« Cette formation des formateurs a été organisée pour répondre à un défi important. Après l’enquête nutritionnelle réalisée en 2024, nous avons constaté que le taux de malnutrition chronique est très élevé dans notre zone d’intervention. Avant de lancer les activités de nutrition, nous avons jugé nécessaire de renforcer d’abord les capacités des acteurs concernés », a-t-il indiqué.
Les participants, des nutritionnistes venus de différentes zones de santé de la province, sont formés aux bonnes pratiques alimentaires, à l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois, à la diversification alimentaire ainsi qu’à la prévention des carences. Ils apprennent également à détecter précocement les signes de malnutrition et à orienter les familles vers des solutions locales et abordables, à partir des aliments disponibles sur place.
Le gouvernement provincial du Maniema a salué cette initiative, intervenue après plusieurs années sans formation de ce type dans la province. Le ministre provincial de la Santé, le Dr Alexis Kingombe Tchomba, a réagi en ces termes :
« Cela fait plusieurs années que ce type de formation n’a plus été organisé dans notre province. En tant que ministre provincial de la Santé, nous saluons cette initiative. Nous espérons qu’elle contribuera à réduire le taux de malnutrition et à améliorer la santé des enfants », a-t-il déclaré.
À l’issue des cinq jours de formation, les nutritionnistes formés deviendront à leur tour formateurs auprès des prestataires de soins des différentes zones de santé du Maniema, selon une stratégie en cascade destinée à créer un maillage de compétences au plus près des communautés. Chaque agent formé pourra ainsi sensibiliser les mères, assurer le suivi de la croissance des enfants et orienter les cas sévères vers les structures de prise en charge appropriées.
L’initiative du PADRIR s’inscrit dans une approche globale de développement rural inclusif et résilient, visant à autonomiser les communautés du Maniema dans la prise en charge de leur propre santé nutritionnelle, avec des effets attendus à long terme sur la santé, l’éducation et la productivité des générations futures dans la province.

