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Plus de 50 femmes de la commune d’Ibanda ont pris part, ce vendredi 7 août 2026 à l’Hôtel Ruzizi, à une séance de sensibilisation sur les Violences Basées sur le Genre (VBG) et les Droits en Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR), organisée par l’ONGD Vivre dans la Dignité en Afrique (VDA-RDC).

Cette activité marque la dernière étape d’une série de sensibilisations menées dans les trois communes de la ville de Bukavu, après Bagira et Kadutu, afin de renforcer les connaissances des femmes sur leurs droits de la santé sexuelle et de la reproduction et les mécanismes de prévention et de dénonciation des violences.

Au-delà de la présentation des différentes formes de violences basées sur le genre, les participantes ont été outillées sur leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive, les voies de recours existantes ainsi que les attitudes à adopter pour prévenir ces violences dans leurs familles et leurs communautés.

Pour Gift Shukuru, facilitatrice de l’atelier, cette initiative répond à un constat préoccupant

« Beaucoup de femmes ne sont pas suffisamment informées sur les violences basées sur le genre alors qu’elles en sont les premières victimes. Certaines ne bénéficient même pas d’une prise en charge adéquate. Il était donc important de leur expliquer ce que sont les VBG, leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive ainsi que les démarches à entreprendre face à ces situations »,

a-t-elle expliqué.

Au cours de la formation, les participantes ont notamment appris à reconnaître les différentes formes de violences, à connaître leurs droits sur leur santé sexuelle et reproductive, mais aussi les mécanismes de dénonciation et de prévention.

Pour la facilitatrice, l’objectif est de voir les femmes devenir les premières actrices de la lutte contre ces violences.

‎« Nous espérons que cette formation contribuera à réduire les violences basées sur le genre. Chaque femme qui ose dénoncer une violence peut encourager d’autres victimes à sortir du silence »,

a-t-elle ajouté.

‎La coordonnatrice provinciale de VDA-RDC, Léa Mitima, rappelle pour sa part que les femmes demeurent les premières victimes des VBG, mais qu’elles constituent également un levier essentiel pour transformer durablement les communautés.

‎« Lorsqu’une femme connaît ses droits, elle est mieux armée pour se protéger et lutter contre les injustices. En la sensibilisant, c’est toute la communauté que nous contribuons à protéger »,

a-t-elle souligné.

‎Selon elle, les premières activités organisées à Bagira et Kadutu produisent déjà des effets encourageants. Des ambassadrices formées par VDA-RDC sensibilisent désormais leurs propres communautés, tandis que certaines victimes prennent l’initiative de signaler les violences qu’elles subissent avant d’être orientées vers les services compétents.

‎Léa Mitima s’est également réjouie de la forte mobilisation enregistrée dans les trois communes de Bukavu. Elle estime que cet intérêt témoigne de la volonté des femmes de mieux connaître leurs droits et de contribuer à la lutte contre les violences basées sur le genre. Elle les a, par ailleurs, encouragées à poursuivre leur autonomisation économique, rappelant que la dépendance financière demeure l’un des facteurs qui exposent davantage certaines femmes aux violences.

Parmi les participantes, Salima Feruzi Marga, de l’organisation Je suis la relève de la femme, a salué une formation qui lui a permis de mieux comprendre certaines formes de violences souvent ignorées par la communauté, particulièrement dans le contexte actuel marqué par les conflits.

Elle s’est engagée à sensibiliser davantage les femmes de son entourage et à les encourager à dénoncer les violences afin de protéger d’autres victimes. Elle a également plaidé pour l’extension de cette initiative dans les territoires et les zones les plus reculées de la province, où, selon elle, de nombreuses femmes n’ont toujours pas accès aux informations sur les violences basées sur le genre et les droits en santé sexuelle et reproductive.

Même engagement pour Kingja Muliri Diane, consultante à Women for Women, qui estime que cette sensibilisation a permis d’identifier des violences que plusieurs femmes subissent quotidiennement sans les reconnaître comme telles.

« Beaucoup de femmes vivent certaines violences sans savoir qu’il s’agit de violences basées sur le genre. Nous avons désormais la responsabilité de poursuivre la sensibilisation afin qu’elles puissent les identifier, les combattre et les dénoncer »,

a-t-elle affirmé.

À travers cette série d’activités menée à Bagira, Kadutu et Ibanda, VDA-RDC entend renforcer un réseau de femmes capables de sensibiliser à leur tour leurs communautés, avec l’espoir de contribuer durablement à la prévention des violences basées sur le genre et à la promotion des droits en santé sexuelle et reproductive à Bukavu.

Gabriel CUBAKA volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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