Paludisme au Maniema : le combat de l’enfance face aux fléaux conjurés
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En 2024, le paludisme a tué 2 092 personnes dans la province du Maniema. Derrière ce chiffre, une réalité plus cruelle encore : plus de 80 % de ces décès ont emporté des enfants de moins de cinq ans. À Kindu comme dans les zones de santé reculées, le paludisme n’est plus seulement un problème de santé publique. C’est devenu une tragédie de l’enfance.

Un bilan provincial qui pèse sur l’enfance

Le paludisme demeure, selon la division provinciale de la santé, responsable de 60 % des cas de morbidité et de mortalité au Maniema (Radio Okapi). C’est « l’une des premières causes de consultation et de mortalité infantile » dans la province, rappelle-t-on à Kindu en mai 2026 (Le Congo au quotidien).

Les données annuelles les plus récentes, présentées en décembre 2025 par le ministre provincial de la Santé, docteur Kingombe Tchoma Alexis, donnaient déjà l’ampleur du drame : 924 709 cas de paludisme et 2 092 décès en 2024, avec plus de 80 % des décès chez les enfants de moins de cinq ans (7sur7.cd). Les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes restent les principales victimes.

Au niveau national, la RDC concentre à elle seule environ 12 % des cas mondiaux et 11 % des décès palustres en Afrique, selon le PNLP et l’OMS cités en juin 2026 (ACP). En 2024, le pays a recensé 29 123 262 cas et 21 695 décès, dont 15 091 enfants de moins de cinq ans (7sur7.cd). À l’échelle planétaire, l’OMS estime à 282 millions le nombre de cas et à 610 000 celui des décès en 2024, la RDC se classant derrière le Nigeria parmi les pays les plus touchés (OMS).

Inondations 2026 : un amplificateur du risque

Le 7 avril 2026, le fleuve Congo débordait de ses rives. La province du Maniema a été la plus durement touchée, et la ville de Kindu la plus sévèrement impactée, selon la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge (ReliefWeb). Les quartiers d’Alung, Kas et Kalikenge ont subi des inondations importantes, dévastant habitations et laissant derrière eux de l’eau stagnante.

Conséquence directe : ces eaux stagnantes créent un environnement favorable à la prolifération des moustiques anophèles, vecteurs du paludisme. « Le terrain fertile pour ces tueurs silencieux », résume un acteur de terrain à Kindu. À l’approche de la saison sèche, le risque épidémique reste élevé dans les communes de Mikelenge, Alunguli et Kasuku.

La riposte en marche : vaccin, moustiquaires et kits

Face à cette pression, plusieurs interventions se sont succédé en 2025-2026.

Le vaccin antipaludique R21/Matrix-M. Intégré officiellement au calendrier vaccinal provincial le 19 août 2025 à Kindu, il cible les enfants de 6 à 23 mois dans toutes les zones de santé du Maniema, en quatre doses (Radio Okapi). L’OMS rappelle qu’au Ghana, au Kenya et au Malawi, la vaccination a permis d’éviter un décès d’enfant sur huit parmi les enfants éligibles sur quatre ans (Nations Unies). Son déploiement à grande échelle se poursuit en 2026.

Les moustiquaires. En décembre 2025, une campagne a permis d’acheminer plus de 2 millions de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action vers 68 000 ménages, couvrant les 18 zones de santé de la province (Le Congo au Quotidien). En novembre 2025, un lot destiné à la zone de santé de Samba, territoire de Kasongo, avait été volé, freinant la couverture des populations les plus reculées (Radio Okapi).

Les kits antipaludéens d’urgence. Le 12 mai 2026, le mouvement MIDEFEHOPS, financé par le mécanisme Start Ready du Start Network, a lancé à Kindu une distribution de kits médicaux antipaludéens dans les centres de santé de Basoko, Lumbulumbu et Sokolo, en commune d’Alunguli (Le Congo au quotidien). « Ces médicaments arrivent au bon moment. On avait besoin de médicaments pour traiter les maladies », a témoigné Jacqueline Ndoromo, responsable du centre de santé de Basoko.

Les défis persistants à l’été 2026

Malgré ces avancées, les obstacles structurels demeurent.

Le retrait des financements internationaux. Fin juillet 2026, Médecins Sans Frontières (MSF) a alerté sur la décision du Fonds mondial d’exclure le Nord-Kivu du prochain cycle de financement (GC8, 2027-2029) consacré à la lutte contre le paludisme. Si la décision vise le Nord-Kivu, elle illustre, selon MSF, une tendance inquiétante : « En 2026, il est inacceptable que des personnes continuent de mourir ou de développer des formes graves simplement parce qu’elles n’ont pas accès aux moyens de prévention, au diagnostic et aux traitements essentiels », a déclaré Stéphane Doyon, de MSF (MSF).

La malnutrition, facteur aggravant. Associée au paludisme, la malnutrition augmente considérablement le risque de formes graves et de décès, en particulier chez les enfants, souligne MSF. Une réalité confirmée par une étude menée à Beni (Nord-Kivu), qui a montré que 14 % des enfants déplacés présentaient des facteurs de vulnérabilité face à la mortalité palustre (La Voix de l’UCG).

L’accès géographique et l’insécurité. De nombreuses aires de santé du Maniema restent difficiles d’accès, surtout en saison des pluies. À Lubutu, un rapport de 2025 faisait état d’une explosion des cas de paludisme et d’insuffisance rénale aiguë, liée notamment au conflit armé qui entrave l’accès aux soins (Actualite.cd). Le retrait de MSF de Salamabila, en novembre 2025, après sept ans d’activités, a également réduit la capacité de prise en charge dans le territoire (MSF).

Une mobilisation nationale sous tension

Le 25 avril 2026, à Kinshasa, la Journée mondiale de lutte contre le paludisme a été commémorée sous le thème « Motivés pour mettre fin au paludisme ». Une coalition réunissant le PNLP, l’OMS, le Fonds mondial, SANRU, Jhpiego et le projet EpiC (financé par le Département d’État américain) a réaffirmé sa volonté d’intensifier la riposte (7sur7.cd).

Pourtant, le tableau reste lourd. Selon des données citées lors de cette journée, le paludisme ferait environ 180 000 décès annuels en RDC. L’ONU, dans un rapport publié en mars 2026, rappelle que la RDC figure parmi les pays où se concentre la mortalité infantile palustre, le paludisme étant responsable de 17 % des décès chez les enfants plus âgés à l’échelle mondiale (Nations Unies).

Le test de la saison à venir

À l’été 2026, le Maniema se trouve à un carrefour. Pour la première fois, la province combine trois outils de prévention reconnus : les moustiquaires imprégnées d’insecticide, la chimio-prévention saisonnière et le vaccin R21/Matrix-M. À l’échelle nationale, le traitement préventif saisonnier a déjà montré des résultats prometteurs, certains centres de santé rapportant une réduction de près de 90 % des hospitalisations pour paludisme chez les enfants de moins de cinq ans (OMS Afrique).

Mais les outils n’ont de valeur que s’ils atteignent les enfants qui en ont besoin. Entre inondations, insécurité, ruptures de financement et vols de moustiquaires, la marge de manœuvre est étroite. Avec plus de 2 000 décès en 2024 — dont quatre sur cinq étaient des enfants — le Maniema ne peut se contenter d’annonces. La bataille contre le paludisme se gagnera dans les villages, au chevet de chaque enfant fiévreux, avant que la fièvre ne devienne mortelle.

Cet article proposé par Chadrack Londe a été compilé par une IA à partir des diverses sources : Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), division provinciale de la santé du Maniema, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge (IFRC), OMS, UNICEF, MSF, Nations Unies, SANRU. 

Données vérifiées à l’août 2026.

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