l’ouverture des grandes vacances scolaires ravive, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, les préoccupations liées à la sécurité des enfants, alors que des responsables communautaires appellent les familles à renforcer leur vigilance afin de prévenir les violences, les accidents et d’autres situations pouvant compromettre le bien-être des mineurs durant cette période.
« En cette période où l’année scolaire a pris fin, les parents doivent accorder une attention particulière à leurs enfants pendant ces deux mois de vacances. Ils doivent renforcer leur protection et leur sécurité, surtout face aux cas de viol, à la consommation des boissons fortement alcoolisées et aux accidents qui peuvent entraîner des pertes en vies humaines », a déclaré Cabwinemwami Rwabika.
Pendant les vacances, les habitudes des enfants changent profondément. Libérés du rythme scolaire, beaucoup passent davantage de temps hors du domicile, jouent loin de leurs parents ou accompagnent des proches dans diverses activités. Pour les acteurs communautaires, cette nouvelle organisation peut malheureusement accroître leur exposition à plusieurs formes de dangers lorsque l’encadrement familial fait défaut.
À Miti-Centre, cette question a occupé une place importante lors d’une rencontre réunissant les responsables locaux. Les échanges ont insisté sur la nécessité pour les familles de demeurer présentes auprès de leurs enfants afin d’éviter que cette période de repos ne se transforme en période de vulnérabilité.
Cette préoccupation intervient dans un climat marqué par un fait qui continue d’émouvoir les habitants de la région : le viol présumé d’une adolescente de 14 ans dans le village voisin de Lukananda. Sans établir de lien direct entre les deux situations, plusieurs leaders communautaires considèrent néanmoins que cet événement rappelle l’importance d’une vigilance permanente envers les enfants, particulièrement les filles.
Selon plusieurs éducateurs, les vacances constituent une étape essentielle dans le développement de l’enfant. Elles devraient lui permettre de récupérer après une année scolaire, de renforcer les liens familiaux, de jouer, de pratiquer des activités récréatives et de développer ses talents dans un environnement sécurisé.
Les défenseurs des droits de l’enfant rappellent que la protection des mineurs ne relève pas uniquement des parents. Les voisins, les autorités locales, les enseignants, les responsables religieux ainsi que l’ensemble de la communauté ont également un rôle à jouer pour détecter rapidement les situations de danger et orienter les victimes vers les services compétents.
La Convention relative aux droits de l’enfant reconnaît à tout enfant le droit d’être protégé contre toutes les formes de violence, d’abus, de négligence et d’exploitation. Elle garantit également son droit au repos, aux loisirs et à un environnement favorable à son développement physique, mental et social.
Pour Cabwinemwami Rwabika, la vigilance parentale reste le premier rempart contre ces risques. Il encourage les familles à connaître les fréquentations de leurs enfants, à suivre leurs déplacements quotidiens et à privilégier des occupations éducatives et récréatives adaptées à leur âge pendant toute la durée des vacances.
À l’approche de deux mois sans activités scolaires, plusieurs observateurs estiment que la réussite des vacances ne se mesure pas uniquement au repos accordé aux enfants. Elle dépend également de la capacité des familles et des communautés à leur offrir un environnement protecteur où ils pourront grandir, s’épanouir et reprendre le chemin de l’école en toute sécurité.
Yseult Lwango,volontaire pour les enfants et les jeunes
