
Dans le cadre des activités du Mois vert, une conférence de presse s’est tenue le jeudi 5 mars 2026 dans les locaux de la coopération suisse afin de lancer officiellement les initiatives prévues durant cette période dédiée à la protection de l’environnement.
Au cours de cette rencontre avec les médias, le directeur de la coopération suisse est revenu sur les objectifs majeurs de cette initiative, en insistant sur les conséquences environnementales et sanitaires liées à la mauvaise gestion des déchets plastiques.

« Les bouteilles dans le lac ne sont pas seulement un problème esthétique. C’est surtout un problème de santé, un risque de glissement de terrain et un problème d’électricité. L’initiative du Mois vert est née lorsque nous avons observé les bouteilles en plastique qui couvraient le lac Kivu après les premières pluies de l’année 2025. Ces bouteilles bouchaient les turbines du barrage électrique de Bukavu. C’est le moment d’agir pour interpeller la conscience des habitants et des autorités afin de lutter contre la dégradation de l’environnement »,
a déclaré Thomas Jenatsch, directeur de la coopération suisse au bureau de Bukavu.

Le programme prévu pour ce mois accorde également une place importante aux enfants, considérés comme des acteurs clés du changement à travers l’éducation et la sensibilisation environnementale.
« Nous sommes conscients que, lorsque nous étions plus jeunes, nous avons contribué à la dégradation de l’environnement. Malgré le temps limité, nous n’avons pas ignoré les enfants pendant cette campagne du Mois vert. Nous avons prévu quelques séances de sensibilisation dans les écoles de Bukavu, notamment dans les communes d’Ibanda, Kadutu et Bagira »,
a expliqué Adolphe Mushagalusa, point focal des organisations de la société civile dans le cadre du Mois vert.
Il précise que ces séances permettront d’expliquer aux élèves l’importance d’une bonne gestion des déchets et les conséquences que leur mauvaise gestion peut avoir sur la santé publique et la production d’énergie.

Le programme prévoit également des échanges avec des étudiants universitaires afin de diffuser le message de protection de l’environnement auprès de toutes les couches de la population. Par ailleurs, une grande activité de plantation d’arbres est inscrite à l’agenda pour contribuer à améliorer l’image environnementale de la ville de Bukavu.
Cette initiative réunit plusieurs acteurs, notamment les médias, les organisations non gouvernementales et les artistes, dans le but d’encourager chaque catégorie de la population à s’approprier la campagne « Bukavu ville verte » et à s’engager face aux nombreux défis environnementaux.
Emmanuella Bahindwa volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News

C’est une excellente initiative. Cibler les enfants est essentiel pour un avenir durable, mais le problème réside dans le fait qu’ils dépendent de leurs parents qui, malheureusement, n’ont pas encore pris conscience des enjeux liés aux déchets urbains.
En ce mois-ci, je proposerais de cibler non seulement les enfants, mais aussi leurs parents à travers les Églises. Grâce aux prédications des pasteurs et des prêtres, la population pourrait enfin « diaboliser » la mauvaise gestion de l’environnement et « diviniser » sa protection.Cependant, la sensibilisation seule ne suffit pas. À mon avis, la problématique de la gestion des déchets à Bukavu est à double facette. Pour réussir durablement et dépasser le simple symbolisme, il faut impérativement intégrer la chaîne du recyclage. Voici trois axes à privilégier :
Réguler la consommation de plastique au niveau des ménages : Par une sensibilisation axée sur la réutilisation et la lutte contre le gaspillage ; Renforcer la traçabilité des produits plastiques : Promouvoir la responsabilité élargie des entreprises (producteurs et vendeurs), quelle que soit leur taille ; Soutenir les entreprises locales de gestion des déchets : Valoriser les initiatives de transformation déjà existantes au lieu d’en importer de nouvelles. Il suffit d’identifier les nombreux jeunes locaux chevronnés qui œuvrent déjà sur le terrain.
Vous me donnerez raison dans 5 ou 10 ans.
Defois ça énerve…
J’ai souvent l’impression que certains profitent du désordre ou de la tragédie des autres. Il est anormal de voir tant de jeunes et d’enfants mourir des conséquences de l’insalubrité. C’est un paradoxe inacceptable pour une ville qui regorge de chrétiens, de musulmans, de scientifiques, d’organisations humanitaires et tant d’autres acteurs qui se disent être de bonne foi