
La protection de l’environnement s’impose comme l’un des défis majeurs , à Bukavu, comme dans plusieurs villes de la RDC, déchets plastiques, pollution des eaux du lac Kivu, obstruction des caniveaux et dégradation des espaces verts menacent directement la santé des populations.
Face à cette situation, les jeunes apparaissent comme une force incontournable. À la fois premières victimes de la dégradation environnementale et principaux leviers de changement grâce à leur capacité de mobilisation et à leur maîtrise des outils numériques.
L’engagement ne se limite pas aux discours. Il commence dans le quotidien: refuser de jeter un sachet plastique dans la rue, participer au salongo, sensibiliser ses camarades ou planter un arbre.
Dans les écoles, les clubs environnementaux, les journées de salubrité et les campagnes sur les réseaux sociaux constituent des canaux efficaces pour diffuser des comportements écoresponsables.
À Bukavu, l’accumulation des déchets reste préoccupante. Les plastiques abandonnés obstruent les caniveaux et aggravent les inondations lors des fortes pluies. Déversés dans les rivières et sur les berges du lac Kivu, ils menacent les écosystèmes.
Si les jeunes peuvent participer aux opérations de nettoyage, au tri et à la sensibilisation, la responsabilité ne peut leur incomber seule. Les autorités locales doivent assurer une collecte efficace, installer des poubelles publiques et faire respecter les normes environnementales, aux côtés des entreprises, écoles et ménages.
Ce qu’ils en disent
Riziki Matembera de Bukavu (17 ans):
« Nous parlons souvent de pollution, mais nous oublions que nos habitudes aggravent la situation. J’ai compris qu’il ne faut pas jeter les sachets plastiques. Si chaque jeune change de comportement, nous pouvons avoir des résultats importants. »
Un étudiant de l’ucb âgé de 21 ans:
« Beaucoup pensent que l’environnement, c’est l’affaire du gouvernement. Pourtant nous pouvons agir dans nos quartiers. Mais nous avons aussi besoin de poubelles publiques et d’un système de collecte efficace. Les jeunes doivent prendre des initiatives, les autorités doivent nous accompagner. »
Safari Mugoli du quartier Nkafu:
« Nous voulons vivre dans des quartiers propres et respirer un air sain. Quand les déchets sont partout, notre cadre de vie devient désagréable et pose des problèmes de santé. »
Une responsabilité partagée
Pour les experts, l’engagement de la jeunesse doit s’articuler autour de 5 axes: adopter des comportements responsables, partager une information fiable, participer aux initiatives communautaires, utiliser les réseaux sociaux de manière constructive et interpeller les décideurs.
L’éducation reste le levier central. Familles, écoles, associations, médias et autorités doivent unir leurs efforts pour donner aux jeunes les moyens d’agir durablement.
La protection de l’environnement n’est pas seulement l’héritage que nous laisserons aux générations futures, c’est l’action que nous menons aujourd’hui.
Par Gloria Bakulikira volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
