Bukavu : face à la suspension des activités académiques, les étudiants de Kalonge cherchent leur voie
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La suspension des activités académiques dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu place de nombreux étudiants devant une équation difficile : partir pour poursuivre leur formation, attendre une éventuelle reprise ou prendre le risque de continuer leurs études dans un contexte d’incertitude. La question était au cœur de l’Assemblée générale de la Famille des Étudiants de Kalonge (FEKA), tenue dimanche 4 octobre à Bukavu.

Réunis sous la direction de leur président, Ninae Matabaro Lucien, les membres de la FEKA ont réfléchi aux conséquences de cette suspension sur les parcours universitaires et aux choix qui pourraient permettre aux étudiants de préserver leur avenir académique. Au-delà de l’interruption des cours, c’est surtout l’absence de visibilité sur la durée de la situation qui nourrit les inquiétudes.

Combien de temps faudra-t-il attendre avant une éventuelle reprise ? Que deviennent les inscriptions déjà effectuées ? Quel sera le sort des cours, des examens, des stages et des soutenances ? Et surtout, quelles garanties seront apportées quant à la reconnaissance des diplômes obtenus dans ce contexte ? Autant de questions auxquelles les étudiants souhaitent obtenir des réponses précises avant de prendre des décisions susceptibles d’engager leur avenir.

Partir, attendre ou poursuivre : des choix aux conséquences différentes

Pour les participants à cette réflexion, poursuivre les études dans une autre province peut constituer une solution pour certains étudiants. Mais cette possibilité demeure loin d’être accessible à tous. Le déplacement vers une autre région implique des dépenses supplémentaires liées au transport, au logement et aux frais académiques. À cela s’ajoutent les conditions d’admission, les éventuelles procédures de transfert et la disponibilité de la même filière dans l’établissement d’accueil.

L’attente d’une reprise des activités constitue une deuxième possibilité. Elle permettrait notamment aux étudiants d’éviter certaines dépenses supplémentaires et de rester dans leur environnement habituel. Mais cette option comporte également une incertitude majeure : celle de voir la suspension se prolonger au point de compromettre l’année académique.

La FEKA encourage ainsi une forme d’« attente active », qui consiste à ne pas considérer la suspension des cours comme une interruption de tout apprentissage. Les étudiants sont appelés à continuer, dans la mesure du possible, à entretenir leurs connaissances et à se préparer à une éventuelle reprise.

Une troisième situation suscite davantage de prudence : celle des étudiants qui choisiraient de continuer à fréquenter une institution malgré la suspension des activités académiques. Si cette démarche peut sembler permettre de ne pas perdre du temps, elle soulève la question de la validité et de la reconnaissance du parcours académique suivi dans ces conditions.

Pour les étudiants, engager des ressources financières et du temps dans une formation dont la reconnaissance demeure incertaine représente donc un risque qui doit être évalué avec attention.

Des étudiants en quête de réponses

Derrière ces différentes possibilités se trouve une même préoccupation : ne pas voir la crise sécuritaire se transformer en crise académique durable.

Les étudiants réunis au sein de la FEKA souhaitent notamment obtenir des informations claires sur le devenir des inscriptions déjà effectuées, les frais académiques engagés, les cours suspendus, les examens, les stages, les soutenances et les conditions de reprise. Pour eux, ces éléments sont indispensables afin de permettre aux étudiants et à leurs familles de prendre des décisions responsables.

La FEKA estime par ailleurs que les préoccupations académiques des étudiants ne devraient pas être transformées en confrontation politique. Leur priorité, soulignent les participants, reste la préservation de leur formation et de leur avenir. Le dialogue entre les étudiants, les autorités, les établissements d’enseignement supérieur et les différents responsables concernés apparaît dès lors comme une voie à privilégier.

Cette démarche traduit une inquiétude qui dépasse la seule interruption momentanée des cours. Pour de nombreux jeunes, un retard prolongé dans le parcours universitaire peut entraîner des conséquences financières, professionnelles et personnelles importantes.

Préserver une génération d’étudiants

Au terme de cette réflexion, une conviction semble faire consensus au sein de la FEKA : aucune des options actuellement envisagées n’est véritablement sans risque. Partir exige des moyens financiers et des possibilités d’accueil. Attendre peut entraîner une perte de temps si la situation perdure. Continuer dans l’incertitude peut, quant à lui, poser des interrogations sur la reconnaissance du parcours académique.

Le président de la FEKA, Ninae Matabaro Lucien, appelle ainsi les étudiants à ne pas céder à la panique, aux rumeurs ou au découragement. Pour lui, les difficultés actuelles ne devraient pas conduire les jeunes à renoncer à leurs études.

« Une situation difficile peut retarder un parcours, mais elle ne doit jamais nous faire abandonner notre destination »,

affirme-t-il.

Dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, où la suspension des activités académiques intervient dans un contexte déjà marqué par de nombreuses incertitudes, la question dépasse donc la simple reprise des cours. Elle renvoie à la nécessité de préserver le parcours d’une génération d’étudiants dont l’avenir ne devrait pas être durablement compromis par une crise dont ils ne maîtrisent ni l’évolution ni la durée.

Pour les étudiants de Kalonge, l’attente n’est ainsi pas seulement celle d’une réouverture des portes des auditoires. Elle est aussi celle de réponses capables de leur permettre de décider de leur avenir avec suffisamment de visibilité, de sérénité et de garanties.

Yseult LWANGO,volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News

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