
Dans le cadre du projet « Jeunes engagés pour la paix, la cohésion sociale et la résilience », financé par la Coopération suisse, dix écoles de la ville de Bukavu bénéficient d’une formation sur la gestion des conflits et la promotion de la paix en milieu scolaire.
Lancée le 13 juillet 2026 par Hope for Peace DRC, cette formation a réuni, ce 15 juillet, des enseignants de l’EDAP/ISP et de l’Institut Hodari.

Elle vise à renforcer leurs capacités afin qu’ils puissent transmettre aux élèves les valeurs de paix, de cohésion sociale et de prévention des conflits.
Selon Claudine Byamungu, coordonnatrice de Hope for Peace DRC, ce projet cible principalement les jeunes des écoles et des universités, en commençant par leurs éducateurs.
« L’idée est que nous puissions amener les éducateurs à enseigner dans un climat de paix et de cohésion sociale, parce que nous vivons dans un contexte complexe et nos enfants sont traumatisés par plusieurs aspects. Ils sont nés dans la guerre, ils grandissent dans la guerre »,
explique-t-elle.

Elle souligne qu’en formant les enseignants, le projet atteint également les jeunes, qui deviennent à leur tour des relais des messages de paix.
Pour les participants, cette formation arrive à un moment opportun dans un contexte marqué par les conflits et le manque d’espoir.
Sephora Muzaliwa, enseignante à l’Institut Hodari, affirme que cette formation a changé sa perception de la paix.
« Je ne croyais pas vraiment à la notion de paix dans le contexte dans lequel nous vivons. Mais après cette formation, j’ai appris comment gérer les conflits, contribuer au maintien de la paix et devenir une intermédiaire au sein de mon école »,
confie-t-elle.

Même satisfaction du côté de Junior Bahati, également enseignant bénéficiaire.
« Cette formation m’a permis de mieux comprendre la gestion des conflits et la cohésion sociale. Elle me donne les outils nécessaires pour relever les défis entre enseignants et élèves. À la reprise des cours, je vais vulgariser les principaux concepts de la paix dans toute l’école et au sein de la communauté »,
indique-t-il.

De son côté Ernest Muhero, formateur et vice-président du PBEA, chaque acteur de l’éducation a un rôle à jouer dans la construction d’une culture de la paix.
« La région a traversé beaucoup de problèmes et continue à connaître de nombreux conflits, ce qui impacte aussi les milieux scolaires. C’est pourquoi nous renforçons les capacités des enseignants afin qu’ils deviennent des relais auprès des élèves et de leurs collègues. L’objectif est de promouvoir une culture de la paix, la prévention et la gestion des conflits en milieu scolaire »,
affirme-t-il.

À son tour Oscar Mungaliki estime qu’il est indispensable de doter les enseignants d’outils pratiques pour prévenir et gérer les conflits avec les élèves.
« Les piliers de la paix, la tolérance, la non-discrimination et les techniques de résolution des conflits sont des outils indispensables, car l’école est un lieu où se rencontrent des élèves venus de différents horizons »,
explique-t-il.
Cette formation en cascade, prévue sur cinq jours, concerne dix établissements scolaires de Bukavu : Lycée Cirezi, Nyakavogo, EDAP/ISP, Institut Hodari, Fazili, Kasali, Avenir, Cidasa, Institut d’Ibanda et Institut de Bagira. Elle prendra fin le 17 juillet 2026.
Emmanuella Bahindwa volontaire pour les jeunes et les enfants à watoto News
