
En Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, la lutte contre la maladie à virus Ebola se poursuit dans un contexte particulièrement difficile. Depuis la déclaration officielle de cette 17e épidémie le 15 mai 2026, plusieurs zones de santé sont touchées, mettant davantage sous pression un système sanitaire déjà fragilisé par l’insécurité, le manque de personnel médical et les difficultés d’approvisionnement.
Face à cette situation, la Croix-Rouge de la RDC (CRRDC), avec l’appui de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) ainsi que du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), renforce sa contribution à la riposte aux côtés des autorités sanitaires congolaises.
À Bunia, l’une des sept zones de santé affectées par l’épidémie, des équipes de volontaires ont été formées et déployées pour assurer des enterrements dignes et sécurisés ainsi que des activités de sensibilisation communautaire. Ces interventions visent à limiter la propagation du virus tout en protégeant les familles et les communautés exposées.
Récemment, une équipe de la CRRDC a procédé à l’enterrement de deux personnes décédées et suspectées d’avoir contracté Ebola. Équipés de combinaisons de protection et de matériel de désinfection, les volontaires ont respecté les protocoles sanitaires exigés pour éviter toute contamination.
« Au premier contact avec le corps, nous faisons le prélèvement appelé communément “swab”. Après le prélèvement, on sécurise le corps avant de le placer dans le sac mortuaire puis dans le cercueil », explique Raphael Olangi, chef d’équipe “Enterrement Digne et Sécurisé” de la CRRDC.
Parallèlement, des séances de sensibilisation sont organisées dans les communautés, notamment au site des déplacés de Kigonze, dans les environs de Bunia. Les volontaires y expliquent les modes de transmission du virus, les mesures de prévention ainsi que l’importance du signalement rapide des cas suspects.
Selon les responsables de la Croix-Rouge, ces actions de proximité sont essentielles pour renforcer l’adhésion des populations aux mesures sanitaires dans une région marquée par les conflits armés, les déplacements de populations et un climat de méfiance alimenté parfois par la désinformation.
« La communication communautaire reste l’arme la plus efficace pour barrer la route à cette 17e épidémie », souligne Delphin Chanamula, volontaire de la Croix-Rouge de la RDC. Il affirme également que la majorité de la population accepte désormais les interventions des volontaires, même si certaines résistances persistent à cause de croyances ou de liens affectifs avec les personnes décédées.
Outre les enterrements sécurisés et les campagnes de sensibilisation, les équipes de la CRRDC interviennent aussi dans la prévention et le contrôle des infections ainsi que dans l’accompagnement psychosocial des familles affectées.
Alors que la peur et les rumeurs risquent de compliquer davantage les efforts de riposte, les organisations humanitaires appellent les communautés à collaborer avec les équipes sanitaires afin de freiner la propagation de la maladie et protéger les populations.
Par Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News avec CICR