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À deux jours du Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP), les élèves de 8e année de l’Éducation de base s’apprêtent à affronter une étape cruciale de leur parcours académique. Organisé sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo, cet examen détermine l’orientation scolaire future : filière générale ou technique.

Derrière le nom administratif de cet examen se cache une décision importante pour chaque élève : il ne s’agit pas seulement de réussir, mais de choisir la voie la plus adaptée à son avenir.

À Bukavu, dans de nombreuses écoles, la préparation bat son plein. Répétitions intensives, examens blancs rigoureux, groupes d’étude acharnés se succèdent pour mettre les élèves en condition. Même si l’année scolaire est officiellement terminée pour certains, les enseignants restent disponibles, transformant les salles de classe en centres de révision.

« Comme nous avons déjà clôturé l’année scolaire, nous allons à l’école deux ou trois fois par semaine pour les cours de rattrapage », confie Grâce, élève de 8e EB au Complexe scolaire Saint Joseph/Karhale.
« On fait des exercices chaque fois qu’on vient. » Pour Grâce et ses camarades, chaque question résolue renforce leur confiance. Le silence studieux des classes témoigne de la concentration et de la détermination qui règnent.

Mais dans les zones rurales ou les quartiers défavorisés, la situation est tout autre. Loin des bancs de l’école, le manque de ressources pédagogiques, l’absence de notes de cours complètes ou de suivi régulier laisse plusieurs élèves livrés à eux-mêmes.

« Je n’étudie pas, parce que j’ai perdu mes notes », témoigne Murhula Chishesa, 14 ans, élève de l’Institut Mushekere. « On nous a juste dit de venir le jour de l’examen. »
Ses mots traduisent une forme de résignation, une réalité où la mémoire et la chance remplacent parfois un vrai programme de révision.

Ces disparités sont d’autant plus aggravées par le contexte sécuritaire actuel. Dans certaines régions, les déplacements forcés ou l’instabilité rendent l’accès aux écoles difficile, transformant le simple fait d’étudier en un véritable défi.

Pour ces élèves, la menace constante s’ajoute au manque de moyens, rendant la préparation non seulement difficile, mais parfois impossible.

Ces inégalités d’accès à une préparation équitable risquent de peser sur les résultats et donc sur l’orientation, qui devient parfois imposée plutôt que choisie.

C’est une course à handicap, où la ligne de départ n’est pas la même pour tous.

Alors que le compte à rebours est lancé, entre stress, incertitude et espoir, des milliers d’élèves se préparent en silence à franchir cette étape. Leur avenir immédiat en dépend, parfois même leurs rêves.

Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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