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Chaque 7 juillet, l’Afrique célèbre la Journée mondiale de la langue swahili, l’une des rares langues africaines reconnues officiellement par l’UNESCO. Malgré son importance culturelle et historique, le swahili est de moins en moins maîtrisé par les jeunes générations, notamment dans les milieux urbains.

Selon un constat fait par un reporter de Watoto News à Bukavu, dans le centre-ville comme dans certaines écoles modernes, les langues occidentales telles que le français et l’anglais sont largement privilégiées, reléguant le swahili à un usage domestique ou informel.

Josué, 10 ans, élève en 5e année primaire, témoigne :
« Depuis que je suis petit, chez moi on me parle uniquement en français. Aujourd’hui, je parviens à comprendre un peu le swahili et à prononcer quelques mots, surtout grâce à mes camarades de classe qui le parlent après les cours, ou en écoutant maman échanger avec les domestiques et les visiteurs. »

Pour Joseph Birindwa, père de famille, cette tendance est préoccupante :
« Ne pas apprendre aux enfants les langues traditionnelles, notamment le swahili, c’est courir le risque de perdre notre identité culturelle. »

« L’enfant ne connaît plus les proverbes, les contes, ni les valeurs transmises en langue maternelle. Quand il se retrouve au village, il a du mal à communiquer avec ses grands-parents ou ses oncles, qui ne parlent pas le français ni d’autres langues étrangères. Cela affaiblit les liens familiaux. Et c’est nous, les parents, qui sommes responsables, en voulant à tout prix que nos enfants s’expriment uniquement en français ou en anglais », souligne Joseph Birindwa.

Face à cette situation, il est important d’encourager l’usage du swahili à la maison , de l’introduire comme matière dans le système éducatif, et de promouvoir la production de livres, dessins animés et films pour enfants en swahili.

Apprendre à parler et écrire le swahili aux enfants, c’est les faire grandir enracinés, fiers de leur identité, et capables de dialoguer avec le monde sans oublier leurs origines.

Deogratias Kulila, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu.

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