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A Bukavu, face à la situation économique instable marquée par la hausse considérable du coût de la vie, et le manque d’emplois, bon nombre de jeunes se lancent dans des petites activités génératrices de revenus.

Leur résilience économique ne passe pas inaperçu dans les rues de Kadutu.
Il est 17h30′, un moment stratégique où les mouvements des passant, rentrant chez eux après leurs occupations habituelles, est considérable. Dans une ruelle très animée du quartier Nkafu sur l’avenue de l’hôpital général, dans la commune de Kadutu. On aperçoit de plus en plus des jeunes sous des parasols le long de la route, d’autres dans des kiosques. Une scène marquante qui illustre leur débrouillardise quotidienne.

L’un d’eux , Espoir KASHANGALI, habitant du quartier Nkafu, revendeur des unités de communication sur ce tronçon raconte : «  Je fais ce petit boulot depuis quatre ans, obligé d’arrêter les études. Ce qui m’avait poussé à le faire est que j’en avais marre de rester toute une journée sans rien faire. Je ne voulais vraiment pas devenir un voleur. Encore moins devenir une charge pour la famille qui s’en sort déjà difficilement. »

Il poursuit en disant
« Maintenant, grâce à ce petit boulot, je gagne quelque chose, et la plus part de mes besoins primaires sont couverts. Mais sinon ce métier a aussi des difficultés auxquelles on fait face, parfois les mauvaises transactions, et actuellement la baisse conséquente des clients.»


Ce jeune homme a un message pour d’autres jeunes comme lui : « les jeunes qui traversent des difficultés financières et décident de rester à la maison devrait se surpasser et commencer une petite activité commerciale à faible capitale. Et quand on l’a, il faut bien le garder, aussi petite soit-elle. »
A quelques mètres de là, une jeune fille Binja Pétronille, 23 ans, résidente du même quartier Nkafu, écoulent des chappattis fait maison tout en gérant une petite boutique de la place : « cela va faire 2 ans que je vends le chappattis chauds. Avant, j’avais essayé des métiers comme la coupe et couture mais je n’arrivais pas à m’adapter, et puis un jour, je rendais visite à un ami qui le faisais, il m’avait coachée. Et depuis ce jour-là je fais ce métier. »
Regard concentré sur sa plaque chauffante et bouteille d’huile à la main, elle enchaine « avant c’était difficile pour moi de m’acheter même un soulier. ça me mettait mal à l’aise, mais depuis que j’ai ce petit boulot, je ne m’inquiète plus pour ces genres des besoins et c’est déjà quelque chose qui me motive à continuer. »

Elle évoque aussi les difficultés rencontrées dans sa petite activité, en disant 
« Toute fois ce boulot a aussi ses difficultés, trop souvent le manque de client, un petit capital, et sur le plan physique des douleurs musculaires. Ces sont des choses qui me poussent parfois à abandonner mais quand je me souviens que je n’ai pas d’autre chose à faire, je continue.»

Ces témoignages démontrent combien ces jeunes ne baissent pas les bras et continuent de se battre avec les armes en leur possession pour la survie. Ils incarnent une véritable détermination, transformant cette précarité économique en une source de motivation.

Gabriel Cubaka, Volontaires pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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