
Depuis 2022, le territoire de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, fait face à une situation préoccupante: plus de deux mille enfants y ont été séparés de leurs familles, dans un contexte marqué par des conflits armés récurrents.
Ces données ont été fournies par l’Union pour la Paix et la Promotion des Droits de l’Enfant au Congo (UPDECO), une organisation active dans la zone. Elles ont été rendues publiques à l’occasion de la Journée internationale des enfants disparus, célébrée chaque année le 25 mai.
Malgré les efforts de réunification, seuls près de la moitié de ces enfants ont pu retrouver leurs familles. Le reste vit encore dans des familles d’accueil, sans nouvelles de leurs proches. Une réalité qui met en lumière la vulnérabilité des enfants face aux crises sécuritaires.
Jean Pierre Katamu, chargé des programmes au sein de l’UPDECO, alerte sur l’ampleur du phénomène et appelle à une vigilance accrue de la part des parents.
« C’est depuis très longtemps en RDC puisqu’il y a eu des conflits en répétition. Mais depuis 2022 à nos jours, ici en territoire de Rutshuru, nous avons plus de deux mille enfants qui s’étaient séparés avec leurs parents. Il y a une partie qui s’est déjà rétablie avec leurs familles, donc leurs familles ont été recherchées, on les a trouvées et les enfants se retrouvent maintenant dans leurs familles biologiques. Mais pour les autres, ils restent toujours en attente. Quand il y a des situations pareilles, il est important aux parents de considérer plus les enfants que les autres biens, » a-t-il déclaré.
Il insiste également sur la nécessité d’anticiper les risques liés à ces crises :
« Avant que cela même n’arrive, nous devons apprendre aux enfants leurs noms, leur provenance, donc les lieux où ils vivent pour que, en cas de séparation, ils puissent facilement donner des repères. Cela facilitera le retour à leurs familles. »
La Journée internationale des enfants disparus vise à sensibiliser le public à cette problématique, à encourager les efforts de recherche et de réunification, et à rappeler l’importance cruciale de la protection des enfants, particulièrement en période de crise.
Dieumerci Mumbere, depuis Rutshuru
