
La ville de Bukavu traverse actuellement une période d’insécurité particulièrement préoccupante. Dans un contexte socio-économique difficile, le chômage massif des jeunes, exacerbé par une crise nationale persistante, alimente une recrudescence de la criminalité urbaine.
Vols, pillages de maisons et de boutiques deviennent monnaie courante. Face à cette montée de l’insécurité, une forme de justice populaire, à la fois violente et illégale, s’installe : des voleurs présumés en majorité des jeunes sont capturés puis brûlés vifs par une population en colère. Des actes à décourager !
Le manque d’opportunités d’emploi, l’absence de perspectives d’avenir et
le flou institutionnel plongent de nombreux jeunes dans une précarité grandissante. Dépourvus d’activités génératrices de revenus, certains sombrent dans la délinquance : vols à main armée, cambriolages nocturnes, attaques ciblées contre des commerces et des habitations.
Exaspérée par cette insécurité grandissante et se sentant abandonnée par les forces de l’ordre, une partie de la population de Bukavu choisit de se faire justice elle-même. Ainsi, lorsqu’un voleur est appréhendé, il est souvent roué de coups, ligoté, puis brûlé vif. Bien que cette pratique soit formellement interdite par la loi, elle tend à se banaliser dans certains quartiers.
Watoto News rappelle que la vie est sacrée.
Les autorités provinciales et nationales condamnent fermement ces actes de justice populaire. Toutefois, les actions concrètes restent insuffisantes pour renforcer la sécurité, punir les auteurs de ces actes ou offrir des alternatives crédibles aux jeunes en situation d’errance. Ce manque de réponses structurelles contribue à entretenir un cycle de violence, d’impunité et de méfiance envers l’État.
Ce qui frappe le plus est que parmi les victimes ont retrouve des jeunes et la majorité des auteurs sont aussi des jeunes.
Il devient urgent d’agir. Le gouvernement doit impérativement renforcer les dispositifs sécuritaires, relancer des programmes de réinsertion pour les jeunes et restaurer la confiance de la population envers les institutions. La société civile, les ONG et les leaders communautaires ont également un rôle crucial à jouer : celui de sensibiliser contre la violence et de promouvoir des solutions pacifiques et durables.
Rappelons que Bukavu, autrefois reconnue pour sa résilience et sa beauté, est aujourd’hui fragilisée par l’insécurité et la loi du talion. Il est encore temps d’inverser la tendance, mais cela exige une volonté politique affirmée, une justice efficace et une mobilisation collective pour redonner espoir à sa jeunesse.
Par Alliance Birhange