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Alors que des milliers d’élèves participent aux examens de fin d’année dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, des acteurs éducatifs appellent à une vigilance accrue face à la maladie à virus Ebola. Parmi eux, l’enseignant Marius Mfungizi alerte particulièrement sur la situation des enfants déplacés de guerre, déjà confrontés à de multiples vulnérabilités liées à la crise humanitaire qui frappe plusieurs localités de la province.

Pour cet enseignant, la tenue des évaluations scolaires ne doit pas faire oublier les risques sanitaires auxquels restent exposés de nombreux enfants vivant dans les sites de déplacés ou au sein des familles d’accueil.

« Les enfants doivent comprendre qu’il existe un danger qu’ils ne peuvent pas ignorer. Ebola est une maladie très dangereuse qui peut entraîner de graves conséquences. Ils doivent rester vigilants et appliquer les mesures de prévention pour se protéger »,

explique-t-il.

Dans plusieurs sites accueillant des personnes déplacées, les conditions de vie demeurent difficiles. Le manque d’eau potable, la promiscuité et l’accès limité aux services sociaux de base augmentent les risques auxquels sont confrontés les enfants. Dans ce contexte, les rassemblements liés aux examens scolaires exigent une attention particulière afin de préserver la santé des apprenants.

Selon Marius Mfungizi, les élèves peuvent néanmoins réduire les risques en adoptant des gestes simples mais essentiels. Il cite notamment le lavage régulier des mains, le respect des mesures d’hygiène, l’évitement des contacts à risque ainsi que la vigilance face à toute personne présentant des symptômes suspects.

Au-delà de la prévention sanitaire, cette situation rappelle l’importance du droit à la santé consacré par la Convention relative aux droits de l’enfant. Son article 24 reconnaît à chaque enfant le droit de jouir du meilleur état de santé possible et d’avoir accès aux services nécessaires pour son traitement et sa protection.

La même convention souligne également, à travers son article 28, le droit de chaque enfant à l’éducation. Pour plusieurs observateurs de la protection de l’enfance, les examens de fin d’année constituent un moment important du parcours scolaire qui doit pouvoir se dérouler dans des conditions garantissant à la fois l’apprentissage et la sécurité sanitaire des élèves.

Les enfants déplacés se retrouvent aujourd’hui au croisement de plusieurs défis. Ils doivent poursuivre leur scolarité malgré les déplacements forcés, les difficultés économiques de leurs familles et les menaces sanitaires persistantes. Cette réalité exige une mobilisation de tous les acteurs impliqués dans leur protection.

L’enseignant appelle ainsi les autorités sanitaires à poursuivre les activités de sensibilisation dans les écoles et les sites de déplacés. Il invite également les organisations humanitaires à renforcer les actions de prévention auprès des enfants et à soutenir les établissements scolaires confrontés à des défis sanitaires.

Les parents sont eux aussi encouragés à jouer pleinement leur rôle en sensibilisant leurs enfants aux gestes de prévention et en restant attentifs à tout signe pouvant nécessiter une consultation médicale.

Pour les défenseurs des droits de l’enfant, protéger les élèves contre Ebola revient aussi à protéger leur avenir. Car un enfant en bonne santé a davantage de chances de poursuivre sa scolarité, de réussir ses études et de contribuer demain au développement de sa communauté.

Dans un contexte marqué à la fois par les conséquences du conflit armé et par les préoccupations sanitaires, plusieurs acteurs estiment que la prévention demeure l’un des moyens les plus efficaces pour garantir aux enfants déplacés un environnement favorable à leur éducation et à leur bien-être.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes

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