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La lutte contre le monnayage des bulletins scolaires était au centre d’un débat scientifique organisé à l’Institut Mabakanga, dans le quartier Boikene, commune de Mulekera, à Beni dans la province du Nord-Kivu. Cette activité, tenue dans le cadre de l’émission « Le Potentiel des Apprenants en Milieu Educatif », a permis d’analyser les causes, les conséquences et les solutions face à cette pratique qui menace la qualité de l’éducation.

Le phénomène de monnayage des bulletins scolaires, considéré comme une pratique déloyale dans certaines institutions éducatives, consiste à manipuler ou falsifier les notes réellement obtenues par un élève en échange d’argent ou d’autres avantages. Cette réalité préoccupante a fait l’objet d’échanges approfondis lors d’un débat scientifique organisé à l’Institut Mabakanga.

Au cours de cette activité, les participants ont analysé les causes profondes de ce phénomène ainsi que les risques qu’il représente pour les élèves et le système éducatif dans son ensemble.

Parmi les principales causes évoquées, les intervenants ont cité le manque d’assiduité et de motivation de certains élèves dans leurs études, souvent lié à la peur de l’échec ou du redoublement. L’âge avancé de certains élèves ayant connu des échecs répétés a également été mentionné comme un facteur favorisant la recherche de solutions frauduleuses.

Les participants ont également souligné que la précarité économique pousse parfois certains parents à corrompre des responsables scolaires afin d’obtenir de meilleurs résultats pour leurs enfants. La faible rémunération des enseignants a aussi été identifiée comme un facteur pouvant inciter certains d’entre eux à céder à la tentation du monnayage des notes ou des bulletins.

Toutefois, les intervenants ont dénoncé avec fermeté l’irresponsabilité et l’immoralité de certains chefs d’établissements et enseignants qui se laissent corrompre, estimant que leur comportement contribue à la propagation de cette pratique. La prolifération d’écoles, notamment privées, dont certaines privilégient la réussite frauduleuse des élèves pour attirer les parents, a également été critiquée.

Par ailleurs, les participants ont attiré l’attention sur l’existence de réseaux de contrefacteurs capables de falsifier les sceaux d’écoles et d’imiter les signatures des responsables scolaires afin d’organiser le trafic illégal de bulletins.

Des conséquences graves pour les élèves et la société

Selon les participants, le monnayage des bulletins scolaires entraîne de lourdes conséquences. Les élèves concernés rencontrent souvent des difficultés d’adaptation dans les classes supérieures en raison d’un manque réel de compétences.

Cette situation limite également leur capacité à valoriser leurs diplômes et à accéder à des emplois qualifiés. À long terme, cette pratique fragilise le système éducatif, favorise l’augmentation du chômage des jeunes et entraîne une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Les intervenants ont aussi averti que ce phénomène contribue à l’enracinement de la corruption dans la société, ce qui peut freiner le développement économique et social du pays.

Des recommandations pour mettre fin à cette pratique

Face à ce danger qui menace l’avenir des élèves et du système éducatif, plusieurs recommandations ont été formulées.

Aux élèves, il a été demandé de prendre conscience de l’importance de leurs études et d’éviter la recherche de raccourcis faciles au détriment de leur formation.

Aux autorités scolaires, les participants ont recommandé de faire preuve d’intégrité, de renforcer la vigilance lors des inscriptions et de garantir la qualité de l’enseignement dans leurs établissements.

Les autorités gouvernementales ont été appelées à améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants, à renforcer le contrôle des bulletins scolaires et à sanctionner sévèrement toute personne impliquée dans le trafic illégal de bulletins.

Enfin, les organisations de la société civile et les ONG ont été encouragées à intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des élèves, des parents et des enseignants afin de prévenir cette pratique et d’en limiter les effets néfastes.

Gabriel CUBAKA volontaire pour les enfants et les jeunes avec le potentiel des apprenants en milieu éducatif

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